Numérique : l'Afrique fait recette à La Réunion

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Numérique : l'Afrique fait recette à La Réunion REPORTAGE. Incontestablement, le continent attire dans le domaine numérique. À Saint-Denis de La Réunion, au Forum NxSE, les investisseurs y croient. Ne vous fiez pas à l'image d'Épinal de La Réunion faite de plages, de palmiers, de volcans et de forêts luxuriantes. La Réunion affiche désormais un dynamisme dans le domaine numérique. Une réalité portée ou amplifiée par le Forum NxSE. L'ambition de ce forum est simple et clairement affichée : faire rencontrer, dans ce domaine porteur de l'économie 3.0, le Nord et le Sud-Est, autrement dit l'Europe et l'immense zone de l'océan Indien, de l'Afrique à l'Australie. Ce cru 2017 a réuni en trois jours intenses 85 partenaires institutionnels et privés autour de 14 tables rondes et plus de 700 personnes ont participé à ce forum innovant. Une édition close sous l'égide de la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, laquelle a encouragé la stratégie de développement de la filière numérique à La Réunion. Mettre La Réunion sur la carte du numérique Philippe Arnaud, entrepreneur et président de Digital Réunion qui regroupe la filière numérique réunionnaise, est celui qui a lancé ce forum en 2016. Le but de cette réunion désormais annuelle  ? Impulser le mouvement d'internationalisation de l'île de La Réunion vers l'Afrique et les pays émergents. Avec un atout de départ indéniable puisque l'île peut se targuer d'un taux de croissance à 3 %, chiffre similaire à la zone africaine voisine, et d'un emplacement géographique et d'une histoire qui en font un carrefour évident entre Europe, Afrique, Asie et Océanie. En attendant de devenir une plateforme numérique et un hub digital incontournables. NxSE se propose ainsi de faire deux démonstrations. L'une en direction du marché africain afin que ce dernier envisage et considère La Réunion comme un partenaire valable pour toutes les problématiques qu'il rencontre. « La Réunion est une terre africaine. Nous sommes en Afrique australe, mais celle-ci nous méconnaît », souligne ainsi Philippe Arnaud. « Nous partions d'un constat simple », poursuit-il. « Nos entreprises ont un savoir-faire de dimension internationale. Le marché numérique réunionnais est mature, pèse 1,7 milliard de dollars par an et il compte 500 entreprises, dont 10 % sont exportatrices, mais seulement vers la France métropolitaine. Or, pourquoi ces entreprises réunionnaises ne travailleraient-elles pas aussi avec la région africaine ? C'est à cela que sert NxSE. La problématique de sortir du marché insulaire est complexe. Notre idée a été alors de créer un événement qui permette à des entreprises étrangères de venir, de faire la connexion avec des entreprises locales. Le but de NxSE est de créer ce courant d'affaires de façon pérenne. Il s'agit aussi de montrer un autre visage de La Réunion, dont le marketing habituel n'est pas axé sur le numérique », détaille-t-il pour Le Point Afrique. Un pont entre l'océan Indien et l'Europe L'autre message de ce forum est en direction de la métropole et de l'Europe. Le constat là aussi est simple, voire inquiétant, pour les entreprises françaises. « En Afrique du Sud, au Botswana, en Tanzanie, au Mozambique, au Kenya, etc., nous croisons très peu d'entreprises françaises, à part les grands groupes, mais pas ou peu de PME françaises. Mais on y voit de façon habituelle Allemands, Belges, Turcs, Marocains, Indiens. » Philippe Arnaud déplore également que l'Afrique reste encore pour la métropole une terre méconnue, associée au triptyque éculé de maladie-famine-guerre. « Une génération d'entrepreneurs africains a émergé, de grands groupes panafricains également. Il serait dommage, en étant nous-mêmes africains, de ne pas participer à ce développement. Puis nous sommes aussi une terre française et européenne, ce qui permet d'attirer à La Réunion des entreprises françaises et européennes. Nous pouvons offrir aux sociétés des dispositifs spécifiques à l'outre-mer, les DOM disposent d'un dispositif d'abattement de charges sur les salaires et de crédit d'impôt recherche et innovation maximisé. En outre, le cadre de vie réunionnais pour les employés est propice. Nous cumulons cela à la promesse d'un marché africain austral immense. » La première édition du forum avait permis de conclure une cinquantaine d'accords entre des entreprises de La Réunion ou de la métropole et des entreprises africaines. Quatre entreprises se sont ensuite installées à La Réunion, entreprises spécialisées en conseil, financement, aménagement des smart-cities dans les transports. « Elles manquaient dans l'écosystème local », se réjouit Philippe Arnaud. L'ambition de cette seconde édition a été claire, « s'ouvrir à cinq filières dans lesquelles le numérique est un vrai levier de croissance : l'industrie, l'agriculture, la santé, le tourisme, les villes et bâtiments. L'Afrique est ainsi un secteur de tourisme immense encore assez peu fréquenté par le flux touristique mondial. Ces thématiques sont sélectionnées selon ce qui frémit sur le terrain, ce qui nous est rapporté par les entrepreneurs. » Le numérique investit l'Afrique et l'Afrique investit le numérique Dans la nouvelle économie qui émerge déjà, le numérique sera la colonne vertébrale de toute activité. Certains économistes annoncent la quatrième révolution industrielle où les datas ou l'exploitation des données seront les moteurs et les premières sources des richesses de demain. Le numérique y sera alors un formidable accélérateur des industries et services dits traditionnels, notamment dans les secteurs du tourisme, de l'agriculture, de la santé… Autant de secteurs qui ajoutent un « e » en préfixe indicateur d'un boom économique (e-santé, e-agriculture, e-tourisme). Cette révolution est déjà ancrée et il apparaît que, dans bien des domaines, l'Afrique en impulse bien des innovations. « Le numérique est un vecteur de croissance pour l'Afrique mais aussi de développement humain, analyse pour sa part David Guèye, directeur du développement du CIO Mag, un support d'information et de veille technologique spécialisé sur l'Afrique. « C'est une idée qui a mis du temps à émerger, mais elle s'installe de plus en plus. Elle devient une des priorités des politiques et des entreprises. Ce phénomène a mis du temps, car l'Afrique avait d'autres priorités liées à la sécurité, à la santé, à l'agriculture. Mais nous assistons à un changement de paradigme et le numérique est aujourd'hui considéré comme une solution à toutes ces problématiques. » Selon ce jeune témoin de la scène numérique africaine, « l'Afrique à quelque chose de formidable à offrir au monde : le digital social ». Il tient pour exemple l'hackathon AgriPME qui a eu lieu au Togo, dans le cadre du Digital African Tour 2017, ce concours national d'innovation à destination des entrepreneurs locaux où ils ont dû développer une application permettant d'améliorer la vie des agriculteurs. Cinq entrepreneurs de même pas 30 ans ont remporté le 1er prix en développant une solution permettant au gouvernement de mieux recenser les agriculteurs et de leur verser via le téléphone leurs subventions, évitant ainsi des déplacements inutiles, coûteux et chronophages. La solution E-agribusiness sélectionnée lors de ce hackathon permettait aussi aux agriculteurs d'être informés en temps réel de la météo et de l'évolution du prix des marchés. Enfin, et c'est ce qui a fait la différence auprès du jury, cette solution numérique intègre un système de messagerie vocale en éwé, la principale langue du pays. Une solution à l'africaine. Grâce à leur connaissance des réalités du terrain, les entrepreneurs ont intégré la donnée qu'une bonne partie des paysans visés étaient analphabètes. Dans un pays où 52 % de la population active travaille dans le secteur primaire, ces jeunes ont ainsi montré que l'agriculture, considérée comme le monde d'hier, et le numérique, comme celui de demain, peuvent très bien se combiner en Afrique », conclut-il. C'est dans ce sens que le continent a su faire de ses handicaps des atouts indéniables. La dématérialisation inhérente à cette économie 3.0 permettant de contourner les obstacles géographiques liés à l'immensité du continent et à son manque parfois d'infrastructures. L'exemple le plus probant est celui du paiement par mobile. Là où, dans l'économie traditionnelle, la faible bancarisation des Africains constituait un frein évident à la croissance, les Africains, sous l'impulsion kenyane, ont su utiliser la téléphonie pour faciliter transactions financières, paiements et microcrédits. Autre exemple de cette faculté d'adaptation africaine à l'économie souple du numérique, celui, en Tunisie, des villes intelligentes. Deux cents maisons tunisiennes sont déjà connectées, ce qui permet de récolter les datas nécessaires à l'offre de services toujours plus personnalisés, dans une vaste expérience in vivo. Amine Chouaieb, entrepreneur tunisien, a ainsi présenté lors de ce Forum NxSE la ville de demain, faite d'objets connectés recueillant en temps réel les datas, la domotique ayant toute sa place pour une amélioration constante des services offerts. Cependant, l'économie numérique ne veut pas se contenter d'utiliser les datas comme un levier prédictif, mais réellement prescriptif, voire normatif. Amine Chouaieb rappelle ainsi à un auditoire étonné qu'« on peut prédire les choix d'une personne avant qu'elle ne le sache elle-même. Par exemple, par la segmentation de ses données, on arrive à faire changer d'habitude de consommation à près de 30 % des gens visés, pour peu qu'on leur adresse le bon message au bon moment ». L'entrepreneur tunisien note ainsi que déjà les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) s'intéressent aux villes connectées. Rapporté à l'Afrique, cet intérêt est d'autant plus vif que « la moyenne d'utilisation sur le continent du réseau Facebook est de 6 heures par jour et par personne inscrite », rappelle l'entrepreneur tunisien, et que le continent est un immense marché avec une classe moyenne émergente et dynamique. La Réunion, laboratoire de l'e-santé mondiale Autre sujet de développement numérique primordial pour l'Afrique, celui de la santé, ou plutôt de l'e-santé. La santé connectée est un secteur émergent et dynamique, et déjà plus de 150 000 applications directement liées à cette problématique existent dans le monde. En Afrique, les problématiques liées aux médicaments contrefaits sont pandémiques. Selon l'Organisation mondiale de la santé, les faux médicaments sont un fléau qui tue aussi, puisque 22 à 85 % de la population africaine sont exposés aux faux médicaments et que 10 à 40 % des médicaments vendus dans les rues sont falsifiés. Des idées innovantes ont été présentées à NxSE, tenant compte de la réalité africaine et de l'usage pluriel fait du téléphone portable, dans un continent devenu le deuxième marché mondial de la téléphonie mobile. Ainsi a été créé un système d'étiquette à gratter sur chaque boîte de médicaments, ce qui permet à tout usager d'envoyer par SMS le numéro unique ainsi révélé et de recevoir confirmation ou pas de la contrefaçon du médicament. Une innovation que seul le numérique pouvait permettre. Autre secteur africain saisi par la fièvre numérique, celui de l'agriculture. Dans ce secteur aussi, l'information se révèle fondamentale. Le numérique y réussit le tour de force d'allier en synergie datas satellitaires en temps réel et connaissances ancestrales accumulées pendant des millénaires. Les datas satellitaires permettent ainsi d'indiquer aux agriculteurs quand, quoi et où semer. La prévision météorologique est également utilisée. Mais pas seulement puisque les datas permettent de mesurer l'eau déjà présente dans chaque parcelle, avec précision, ce qui permet d'ajuster au mieux, sans gaspillage, l'arrosage des semis. Toute la problématique a été de savoir comment diffuser ces informations disponibles auprès des agriculteurs. Là encore, l'usage des portables est au centre de la réponse apportée puisque les agriculteurs reçoivent des messages ajustés et personnalisés à leur cas singulier. Le numérique bouleverse ainsi profondément les échelles de valeurs et les écosystèmes et permet de faire sauter, en rythme accéléré, des étapes aux trajectoires de développement de l'Afrique. Inclusive et dématérialisée, cette révolution numérique en marche est en passe de faire de l'Afrique une de ses locomotives. Locomotive à laquelle s'amarrent les économies environnantes, comme le Forum NxSE l'a bien illustré.

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Commentaires

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